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Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux, Proust, vus par Georges Gabory | 29 janvier 2009

Max Jacob, par Modigliani
Qui a entendu parler de Georges Gabory (1899-1978)? Il a pourtant été considéré entre 1917 et 1929 comme un jeune poète brillant, promis à une grande carrière. Il est devenu avant ses trente ans un rouage important du milieu littéraire, lecteur chez Gallimard où il était influent, auteur d'essais sur André Gide, Proust, Kisling, cité dans un rêve de Breton comme une sorte de fonctionnaire des lettres.
Puis après 1930, plus rien ou presque. Un recueil de poèmes, Mesures pour mesures, chez Firmin-Didot en 1981, et un recueil de souvenirs que je viens de lire, Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie, chez Jean-Michel Place en 1988.
Pourquoi ce silence et cet éloignement du monde des lettres? Gabory ne le dit pas. Tout au plus explique-t-il que c'est un professeur américain, venu recueillir ses anecdotes de retraité, en 1962, qui l'a incité à les écrire.
On se trouve donc avec ce livre, n'est-ce pas, dans le côté Sainte-Beuve de la littérature. Des indiscrétions sur les auteurs, censés permettre de mieux cerner leur œuvre, ou tout simplement destinées à donner des aliments à notre curiosité. Le côté people de l'écriture.
Mais enfin, c'est très intéressant. Gabory a une plume virevoltante, il ne s'appesantit pas, il place ses faits avec légèreté, les émaille de bons mots et de calembours, désireux quand même, selon ses affirmations, de restituer l'image de cette génération au lendemain de la Grande guerre. C'est qu'il a connu tout le monde. Apollinaire, Max Jacob, Gide, Proust, Derain, Juan Gris, Breton, Aragon, Radiguet, Cocteau, Artaud, Reverdy, et André Malraux dont il fut un ami vraiment proche avant de se brouiller avec lui.
Le résultat bien sûr est décevant et excitant. Si Gabory ne révèle rien de fondamental, il se montre volontiers indiscret, s'intéresse de près à la sexualité de ses amis, et suggère deux ou trois ambivalences, chez Malraux par exemple, ou chez Proust, qui avait une définition toute particulière des « mauvaises mœurs ». On se sent donc un peu voyeur ou commère en regardant ces auteurs vus par un contemporain. Mais tout de même, l'évocation légère de cette époque, de ces gens, de ce monde aux mœurs ambiguës, la recréation de cette ambiance historique, c'est assez champagne!

Georges Gabory, Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie, Jean-Michel Place, 1988.

Publié par Alain Bagnoud à 11:32:51 dans Lectures | Commentaires (1) |

01-02-2009  10:31  01-02-2009 10:31
mauvaises moeurs  De  Violaine  Sujet:  mauvaises moeurs
Et quelles sont ces mauvaises moeurs telles que les définit Proust? Vous nous mettez l'eau à la bouche.

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