• Belle de jour, par Joseph Kessel

    Deneuve en Belle e jour pour BunuelBelle de Jour, le grand film de Bunuel avec Catherine Deneuve, est tiré d'un livre.
    Je l'ignorais avant de tomber, dans une boîte du marché aux puces de Plainpalais, sur le roman de Joseph Kessel.
    Aussitôt vu, aussitôt acheté (un franc), et presque aussitôt lu. Ce n'est pas très long: 170 pages.
    Vous vous souvenez du film: une jeune bourgeoise claire, lumineuse et frigide trouve la satisfaction sexuelle en se prostituant dans les maisons de passe. Elle trouve le frisson dans le dégoût, l'humiliation, la bestialité du désir masculin. Puis elle se lie avec un voyou et se retrouve dans une situation menaçante par rapport à son mari, qu'elle aime, qu'elle ne veut ni blesser ni quitter.
    Malgré son écriture d'un classicisme un peu sec, Kessel excelle à montrer l'évolution de cette oie blanche, à suggérer ses troubles, à analyser sa trajectoire. Il s'agit en somme de l'étude d'un cas comme les naturalistes en faisaient. Un portrait nuancé, juste, troublant.
    Puis tout se gâte, à la fin. Mais pourquoi notre auteur veut-il à toute force introduire une morale dans son texte? On se le demande en lisant les pesantes et lamentables dernières pages, qui content la punition de Séverine, lourdement symbolique. Son voyou d'amant veut tuer un homme qui menace de tout révéler au mari, mais maladroit, c'est ce dernier qu'il frappe, et voici le pauvre homme diminué dans son intelligence et dans son corps, la moitié inférieure de son corps morte, devenu impuissant (Kessel insiste, au cas où vous n'auriez pas bien compris), et la belle Séverine se transforme en garde-malade dévouée, malheureuse, qui en plus ne peut s'empêcher de tout confesser au mari ignorant...

    Joseph Kessel, Belle de Jour, Folio


  • Commentaires

    1
    pg
    Jeudi 30 Avril 2009 à 14:25
    morale
    Pourquoi? vous n'etes pas pour la morale?
    2
    Jeudi 30 Avril 2009 à 17:23
    Bunuel
    LE film était magnifique, le meilleur rôle de Deneuve, je crois. http://anthropia.blogg.org
    3
    jean chauma
    Vendredi 1er Mai 2009 à 09:37
    Morale
    Je ne me souviens plus très bien du film, je n'ai pas lu le livre. Dans le temps il y avait un érotisme (in)conscient autour de la faute sexuelle, de la punition et de la marque de la faute porté par celle qui avait commis la faute et, ou, par un tiers. Il y avait une sorte de jouissance a porter les marque de la faute, à cette époque la morale donnait de la force aux fantasmes, plus la morale est forte plus le trouble est grand, en cela je regrette la morale. Je crois que notre époque n'est plus morale, la doxa changeante suivant les modes l'a remplacé. Et, comme dirai Cyrano, je préfère une belle et puissante éthique à une morale collective.
    4
    ab
    Vendredi 1er Mai 2009 à 21:13
    Transgression
    Eh oui:la transgression crée le trouble...
    5
    Ninavm
    Mardi 9 Mars 2010 à 15:50
    Belle de jour aide
    Bonjour, J'ai choisis le livre de Kessel pour mon oral de licence de lettre. Je dois construire un dossier dans lequel je dois répondre à des questions bien précises notamment 2 qui me sont difficiles à résoudre. A quel courant littéraire appartient l'oeuvre et son auteur? Quel est le regard porté sur la société dans le roman Belle de jour? Pourriez-vous m'aider? Je vous propose de répondre par commentaire sur mon blog si vous acceptez.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :