• J'en ai lu pas mal, des romans de Beno. Certains où il était à son meilleur, d'autres où il se perdait un peu.
    Là, nous sommes dans les bonnes cuvées. Benoziglio se lance dans le roman historique, à sa manière.
    Il nous raconte l'histoire de Louis XVI, qui contrairement à ce que dit l'histoire <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p>Louis XVI par Antoine-François Callet</o:p>officielle n'a pas été condamné à mort et guillotiné. La Convention l'a banni, et après des tentatives infructueuses, a réussi à le refiler au canton de Berne. Qui, possédant le pays de Vaud depuis un quart de millénaire, y a installé le roi déchu. A Saint-Saphorien plus exactement. Oui, Saphorien. Sur les bords du Léman. Avec des vignobles de chasselas autour.
    Or donc, Louis Capet vit là, dans trois misérables pièces, bricolant un peu de serrurerie pour passer le temps, isolé, ne fréquentant que la mignonne Aline, sommelière à l'auberge et qui lui fait le ménage. Les habitants se méfient de lui, les tentatives de la bonne société pour le récupérer ont échoué. Il est taciturne, aboulique, ne fréquente que l'auberge de la Pomme de Pin, mais assidûment, y consommant nombreux bières et kirschs au milieu de ces joyeux buveurs de vin blanc qui le considèrent avec suspicion. Et il reçoit quelques visites saugrenues de visiteurs illustres.
    Toute la verve de Benoziglio, la jubilation et la saveur de sa langue, son humour irrésistible. Avec en prime quelques considérations instructives et un rien désabusées sur l'histoire... Que demander de plus ?
    Rien, si on en croit le jury du Dentan qui lui a décerné le prix en 2006.

    <o:p>Jean-Luc Benoziglio, Louis Capet, suite et fin, Seuil</o:p>
     

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