• - Tiens ! s'étonnait hier mon fils Pierre devant un tableau de Chagall. Pas de personnage couché dans le ciel !
    C'était effectivement bizarre. Pas non plus de violoniste en lévitation, pas de fiancés dans l'azur ! Pas de vieillard barbu juste sorti de la Bible ! Pas de vache, coq, âne, chèvre, oiseau, neige ! Pas de décor hassidique ! Mais une vue de l'atelier de l'artiste. Un bouquet de fleurs au milieu qui prend presque toute la surface, et derrière, esquissés, la table sur laquelle il est posé, un tabouret, les murs et la verrière...
    Le violoniste bleu par Marc ChagallA ne pas s'y reconnaître. Ça tranchait méchamment sur le reste de l'exposition. Parce que sinon, Chagall a toujours fait la même chose.
    Il y a quelques différences dans la facture. Les premiers tableaux sont une sorte de synthèse personnelle du cubisme, de l'art populaire et du surréalisme. On voit la recherche formelle. Les décors par exemple, les maisons derrière. Les interpénétrations de plans cubistes.
    Ensuite ça se répète en s'affadissant. Ça se veut poétique, romantique, rêveur, c'est surtout facile. Ça a des prétentions à une spiritualité naïve, c'est surtout niais. Ça a commencé par être très original et personnel, c'est devenu une machine commerciale à refaire des images qui plaisaient.
    La Fondation Gianadda, à Martigny, veut ainsi célébrer les 120 ans de la naissance du peintre. Bon, il y a beaucoup de monde... 

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